Weekend à Zacatecas (2/2)
Suite et fin de mon weekend à Zacatecas pour la fête de l'indépendance mexicaine
La nuit tombée, nous tentons une approche de la place principale de Zacatecas, Plaza de Armas, où beaucoup de monde attend El Grito qui sera donné par la gouverneure de l’Etat de Zacatecas sur cette même place, à côté de la Cathédrale.
Il y a déjà beaucoup d’ambiance, les gens chantent en chœur et agitent leur drapeau. La musique vient attiser ce feu qui va bientôt exploser en une vague nationale.
Nous rejoignons des amis de JP et nous plaçons au pied d’un bâtiment juste en face du balcon d’où sera donné El Grito. Juste au-dessus de nous se trouvent des cascades de feux d’artifices qui seront allumées d’ici peu… Devra-t-on courir pour ne pas être brûlés ? Echange de regards interrogatifs… On verra bien… !
Attention ! Les portes du balcon s’ouvrent, la foule est en effervescence, la gouverneure se montre enfin et approche le micro :
- “¡Viva México!”
La foule: -“¡Viva!”
- “¡Viva México!”
-“¡Viva!”
- “¡Viva Zacatecas!”
-“¡Viva!”
Le final, tous en chœur : - “¡Viva Méxicoooo!”
J’entends Abraham à côté de moi: -“¡Viva México cabrones!”
Voilà, c’était le cri ! Je m’attendais à quelques mots, un petit discours, mais c’est le simple Cri d’Indépendance qui est sorti !
Et là, la foule en délire agite drapeaux, sombreros, chante, crie son indépendance… et commencent les feux d’artifice !! La cascade au-dessus de nous ne tarde pas à s’allumer et nous nous resserrons contre le bâtiment derrière nous pour éviter les chutes de feu… quelques pulls troués par les feux (dont le mien !), quelques chevelures légèrement grillées, mais plus de peur que de mal.
De l’autre côté de la place, ce sont des cœurs en feux d’artifice qui tournent, un Viva México, Viva Zacatecas et un magnifique aigle en feux d’artifice. Au loin, on aperçoit une immense cascade de feux d’artifice : elle a été disposée tout le long de la ligne téléphérique qui mont au Cerro de la Bufa !
Et voici ce que donne El Grito en vidéo :
Difficile de sortir de la place, la foule est si compacte ! Une fois sortis, nous nous dirigeons vers la discothèque El Edén, installée dans une mine. Mais à cette heure, elle est déjà pleine, évidemment nous sommes le 15 septembre !
Direction la fête foraine, en taxi, qui en profite pour nous faire payer le prix fort, Grito oblige ! A la fête aussi il y a foule. Nous passons devant les stands de hot-dogs, barbapapa et les animations classiques de fête foraine, pour monter vers les buvettes et rejoindre les mariachis (groupes de musique ambulants).
Surplombant la fête foraine, un grand hall abrite les musiciens et les gens qui viennent danser et chanter. Mais le hall est tellement grand et le gens si nombreux, que le tout crée un brouhaha continu qui fait que l’on entend à peine les groupes de musique, même en s’approchant de très près !
Quelques bières, quelques tours dans la fête, JP et ses amis rencontrent d’autres amis, ça discute, ça rigole… et la nuit passe vite !
Retour chez JP vers 4h du matin après un Grito fêté comme il se doit !
Balade dans la ville à la découverte d’autres quartiers, avec JP et sa famille. Le Palais du Gouverneur, style typiquement colonial (devenu un musée), le Quinta Real, hôtel 5* aménagé dans une ancienne arène de corrida (voir photos, c’est superbe !).
Le soir, avant de partir, nous sommes sur le point d’aller diner quelques tacos, quand JP nous annonce qu’il a oublié d'acheter un cadeau pour l'anniversaire de sa copine, la veille. Nous l’accompagnons donc pour faire un tour précipité en voiture à la recherche de fleurs. Mais le fleuriste est fermé bien sûr ! JP se décide alors pour du chocolat. Mauvaise idée, lui disons-nous, c’est trop classique ! Un débat commence donc dans la voiture avec les frères de JP. Je blague en lui disant "offre lui un taco !", ce qui nous amène à lui suggérer de faire faire un taco dont la viande serait disposée en forme de cœur !! Vendu !! Au moins, c’est original ! Nous mangeons donc tous ensemble, et le taco en cœur n’est pas sans créer une certaine émotion chez la jeune fille ;-p
Au passage, il faut vraiment que je publie un article un de ces jours pour expliquer les différents noms données aux plats à base de tortillas car il y en a beaucoup : le nom change pour peu que l'on y ajoute un simple ingrédient, mais ce sont toujours des plats à base de tortillas ! Moi-même je m'y perds encore !
Vers minuit, Abraham JP et moi prenons le bus de retour qui arrivera vers 7h le lendemain matin.
A notre arrivée à Monterrey, nous prenons un taxi pour rentrer de la gare routière.
Le taxi démarre, mais le trafic du lundi matin nous ralentit aussitôt. La chauffeuse regarde par ma fenêtre et appelle des "donitas" (diminutif de donas : beignets ou donuts). Un jeune homme de l'autre côté de la route brave la circulation en courant pour nous rejoindre, le sourire jusqu'aux oreilles et me tend un sac en papier contenant des beignets frais que je passe à ma voisine "taxista". Ils se connaissaient. Elle nous explique qu'avant d'être chauffeuse de taxi, elle était vendeuse de beignets. "Et lequel des deux métiers préférez-vous, madame ?" Et elle de répondre en souriant :
- "Je n'ai pas de préférence : car tout métier me donne l'argent pour vivre. Ce que je n'aime pas, c'est ne pas pouvoir survivre. [Visiblement, elle a connu des jours pires. Elle braque sèchement pour couper une file de voitures et continue :] L'important est de gagner sa vie et de la gagner honnêtement."
Elle nous dépose devant notre maison et se réserve quelques minutes au calme pour savourer ses beignets, avant de continuer sa journée.