Ranchéro

Publié le par Nicolas Bosshardt

Une vie au soleil, à travailler la terre par 50°C chaque été, lui a tanné la peau. Il nous donne du fromage frais qu'il conserve dans un vieux congélateur hors service car l'électricité n'arrive pas jusqu'ici. Sur le fourneau, une bouilloire noire de suie fume tout ce qu’elle peut. La maison du vieux fermier est à peine plus grande que ma chambre d'étudiant, quelques plaques de tôle ondulée couvrant quatre murs de brique lui suffisent. Je fais le tour pour vérifier la taille de sa maison : oui, c’est possible, c’est là qu’il vit !

Cet homme est le propriétaire du ranch voisin à celui de la famille de Charly. Nous sommes à une heure et demie de Hermosillo. Nous venons d'arriver et prenons le fromage pour les quesadillas (tortillas de fromage fondu, auxquelles on ajoutera de l’avocat… miam !). Le reste du chemin jusqu'au ranch se fait à pied, car il faut soulager le vieux 4x4 pour la piste rocailleuse qu'il doit parcourir.

Pour voir les photos du weekend : cliquez ici

DSCN1911--Small-.JPGJuste avant d’arriver, nous apercevons un coyote filant entre deux buissons. Mario, le frère de Charly, sort son fusil mais son tir ne fait pas mouche.
Le ranch est très vaste, peuplé de vaches que la famille de Charly élève pour vendre, mais aussi de quelques biches, chevaux, ainsi que le chien et les chats qui accompagnent les ranchéros et détectent les bêtes vénéneuses (serpents à sonnette et autres scorpions), quoique ces derniers hibernent ces temps-ci.

Au cours du weekend, nous nous sommes promenés pour que je découvre les lieux et pour s’entrainer au tir sur des objets au loin.
Le soir, de retour au ranch, nous dinions nos quesadillas avec une carne asada (barbecue), un guacamole et la salsa bandera (ou « sauce drapeau », un mélange de tomates, oignons, coriandre et piment vert, aux couleurs du Mexique), le tour près du feu avec la guitare. Tout ça me rappelle les camps scouts, au contact de la nature, soirées tranquilles à l’extérieur, en musique, entre amis.DSCN1917--Small-.JPG

De retour à Hermosillo – après avoir changé un pneu crevé et tordu le pare-chocs à l’aide d’une chaîne attachée à un arbre, pour ne pas qu’il frotte sur la nouvelle roue plus grosse.

Durant les dernières journées, j’ai pu profiter de bons moments avec les amis de Charly, dont Pancho, dit El Negro en raison de ses vêtements toujours sombres, cache derrière ses piercings, t-shirt heavy-metal, veste de cuir et crâne rasé, un cœur grand comme ça. Il s’intéresse à l’histoire nazie et m’a posé pleins de questions sur l’Europe et son histoire. A ne pas prendre pour un néo-nazi, il est simplement fasciné par cette culture (et il y a de quoi).
Tous ces gens, aussi bien la famille de Charly que ses amis, m’auront réservé un accueil plus que chaleureux et moins de 10 jours ont suffi pour commencer à nous attacher.

Je suis revenu de Hermosillo à Monterrey avec 8 kilos de plus qu’à l’aller !! en plus du sombréro que je me suis acheté, la maman de Charly n’arrêtait pas de me donner des choses à emporter : fromage du ranch (entier et il est gros !), sauce de Sonora, coyotas (galettes renfermant du sucre), un faucon en bois qui était dans sa cuisine… j’ai du lui dire qu’il n’y avait plus de place dans mon sac pour qu’elle s’arrête !

Même si le nord-ouest du Mexique est désertique et peut paraître sans grand intérêt, ses habitants sont tout le contraire !

PS : en visitant le campus du TEC de Hermosillo, j’ai rencontré une bretonne du coin de Carhaix qui enseigne le français et va bientôt épouser un mexicain… la french connexion locale !
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